Ménage avec la Mort 

Lisant Bachelard, je me demande:
Fait-on, en quarantaine, "ménage avec la Mort"? Ou alors fait-on l'opposé, fuyant la Mort et son parent la Peste, en s'en-fermant, en les hors-fermant, les laissant de l'autre côté du portail. Comme si la Mort allait sonner avant de rentrer.
Je me demande aussi ce qui "chaque jour, meurt en [moi]", à quoi offre-je "une tombe quotidienne"? La première réponse qui me vient à l'esprit est la patience, même si j'avais cru l'avoir longtemps abandonnée.
Je n'ai plus de patience pour tout ce qui, en moi ou en l'Autre, offense ma personne.
Si j'offre tombe à la patience, j'offre aussi terre fertile au respect de soi, de mon essence même. Et je m'aligne, mes pieds-racines dans le sol, tendant mon visage vers le ciel et son soleil, n'offrant d'ombres à la terre que la quantité juste.  

 ABOUT THE CONTRIBUTOR

Line Itani est créatrice d'images. Après avoir développé des courts-métrages et pièces de théâtre au Liban, et avoir assisté la création d'autres, notamment au sein de la Zoukak Theatre Company et AFPA par Nagy Souraty, elle poursuit ses études en Communications, médias, et industries créatives à Sciences Po Paris. Elle s'intéresse aujourd'hui à l'image autant artistique que commerciale.